IA souveraine : la responsabilité reste en interne
Eva Mickler
7 min de lecture Qui intègre un modèle d’IA dans son environnement de production en assume la responsabilité ...
Malgré ou à cause de la pandémie : le nombre d’offres d’emploi pour des professionnels du numérique a augmenté de 12 % selon l’association sectorielle Bitkom. Une grande partie des entreprises s’attend même à une aggravation de la pénurie de main-d’œuvre.
Après un pic de 124 000 postes vacants en 2019, il n’y avait plus que 86 000 en 2020 malgré la pandémie et le massif recours au télétravail de nombreux employés en Allemagne, soit seulement un peu plus qu’en 2018. Cependant, en 2021, le niveau de pénurie de main-d’œuvre dans le domaine du numérique a atteint un nouveau sommet. 96 000 postes restaient donc vacants, soit une hausse de 12 % par rapport à l’année précédente.
Pendant ce temps, la digitalisation de l’économie et de la société allemande devient de plus en plus urgente et elle est également l’un des piliers du programme gouvernemental de la coalition « Ampel ». La Commission européenne, avec son projet « Chemin vers la décennie numérique », souhaite aussi accélérer les choses afin de rendre l’Europe plus compétitive.
La base de l’étude actuelle de Bitkom est l’enquête auprès de plus de 850 entreprises ayant plus de trois employés provenant de différentes branches. Depuis la première enquête en 2011, le manque de compétences numériques s’est progressivement accru. Ainsi, en 2010, il n’y avait que 28 000 postes vacants, puis les chiffres annuels oscillèrent entre ± 40 000 postes vacants. En 2016 et 2017, ils étaient respectivement de 51 000 et 55 000, mais en 2018, ils ont bondi à 82 000. Voici les chiffres depuis 2010.

Le président de Bitkom considère la digitalisation comme une réponse à la pandémie, à la crise climatique et à la lutte pour les avantages du concours de localisation.
L’Allemagne est cependant freinée par le manque de personnel informatique. Le manque de compétences numériques ne laisse toutefois pas assez de place pour « façonner et impulser » la digitalisation. Le manque de main-d’œuvre dans le secteur informatique touche d’ailleurs non seulement l’économie, mais aussi l’État, qui se retrouve souvent en difficulté lors de la mise en place de postes informatiques. « En temps de pandémie, on a constaté partout que nous devons accélérer. Il est donc décevant que, pour cela, il manque tant de compétences et de savoir-faire », explique Berg.
À la fin de 2010, environ deux tiers (65 %) des entreprises interrogées souffraient d’un manque de compétences numériques, autant (66 %) prévoyaient que la pénurie de main-d’œuvre informatique augmenterait encore dans le futur. Les profils demandés sont actuellement les spécialistes logiciels. Quatre sur dix (41 %) des entreprises interrogées cherchent désespérément des développeurs et architectes logiciels. Viennent ensuite les professionnels dans les domaines du management de projet et de coordination (18 %), suivis des experts en maintenance applicative ou administration IT (13 %). Très recherchés figurent également les data scientists et experts Big Data avec 7 % de réponses, ainsi que les spécialistes en protection des données dotés d’une qualification IT (4 %).
Comme le souligne le président de Bitkom, Berg, le manque croissant de compétences numériques « se transforme en une véritable menace pour les grandes transformations que vit l’Allemagne ». Sur la liste des priorités de la nouvelle chancelière, le thème de l’éducation numérique occupe la première place.
Image : Pixel-Shot/Adobe Stock