Accès orphelins : la faille cyber silencieuse
Benedikt Langer
5 min de lecture Les comptes de service, les clés API et les agents d’IA dépassent souvent en nombre ...
Les mots de passe sont souvent la proie des cyberattaques, et leur complexité et leur nombre croissant entravent en outre l’efficacité et la productivité des entreprises et de leurs collaborateurs. Pourtant, des évolutions innovantes et des alternatives existent déjà.
Depuis le début de la pandémie de Covid-19, de nombreuses personnes travaillent en télétravail. Pour accéder à leurs réseaux d’entreprise, elles ont besoin de solutions d’accès sécurisées. De nombreuses entreprises misent encore sur le mot de passe, malgré tous ses inconvénients connus. Pourtant, l’abandon du mot de passe traditionnel et l’enrichissement de l’architecture de sécurité actuelle offrent de nombreux avantages aux entreprises et à leurs collaborateurs. Une connexion plus conviviale fait gagner du temps et réduit le stress des employés, et donc de l’argent à l’entreprise, tout en augmentant la productivité. Les services informatiques sont également soulagés, car ils consacrent jusqu’à présent une grande partie de leur temps de travail à résoudre des problèmes liés aux mots de passe d’entreprise, soit en moyenne 5 heures par semaine. Ces ressources pourraient alors être utilisées de manière plus rentable dans d’autres domaines et pour résoudre des problèmes urgents.
De nombreuses entreprises explorent des alternatives au mot de passe classique. Google et Apple, par exemple, imposent depuis longtemps l’utilisation de l’authentification à deux facteurs pour se connecter à leurs programmes de messagerie. Le mot de passe habituel ne suffit plus pour y accéder, ce qui réduit considérablement les risques d’abus. Le problème de cette option d’accès réside toutefois dans la durée de la procédure. C’est là qu’intervient la startup Transmit.
Elle combine des méthodes d’authentification biométrique avec un système cryptographique, réduisant ainsi le temps de connexion à seulement deux secondes. La biométrie est d’ailleurs l’une des options de connexion les plus prometteuses pour l’avenir. Aujourd’hui, des caractéristiques biométriques sont déjà utilisées pour se connecter au service de messagerie Outlook de Microsoft, une pratique devenue standard sur les smartphones. L’accès se fait ici par reconnaissance d’empreintes digitales ou faciale.
Toutes ces alternatives ne sont, au fond, que des évolutions du système d’accès binaire : une tentative d’authentification accorde soit l’accès, soit le refuse. Pourtant, des réflexions sont en cours pour réformer ce système binaire d’accès aux services en ligne et supprimer complètement le mot de passe, ou ses alternatives. Des méthodes d’analyse, comme celles utilisées par les banques, pourraient rendre cela possible. Un logiciel analyse alors tous les paramètres de la tentative d’accès, tels que la localisation, l’heure, l’appareil et le comportement de l’utilisateur. Si des anomalies sont détectées, l’accès est refusé. Une autre possibilité réside dans l’utilisation de protocoles d’authentification. Les utilisateurs s’authentifient une seule fois auprès d’un prestataire central, qui leur donne ensuite accès aux services connectés, comme les réseaux d’entreprise et les espaces de stockage cloud. La gestion fédérée des identités fonctionne de manière similaire : un fournisseur d’identité vérifie un utilisateur et lui accorde l’accès aux services connectés.
Des alternatives au mot de passe existent donc déjà, tout comme des systèmes fonctionnant sans mot de passe. Cependant, un problème persiste, déjà rencontré avec le système des mots de passe : la commodité des utilisateurs. Pour beaucoup, la facilité d’utilisation d’une option d’accès prime sur sa sécurité, et les mots de passe, malgré leurs inconvénients, restent ancrés dans les habitudes et faciles à utiliser. Changer un système établi s’accompagne toujours de stress. La prédiction de Chuck Robbins, PDG de Cisco, un fournisseur américain de logiciels de sécurité, selon laquelle les mots de passe deviendront obsolètes dans les prochaines années, semble donc prématurée. En combinaison avec des procédures de connexion biométriques, les mots de passe restent utiles et pertinents. C’est également l’avis d’Achim Schlosser, directeur de NetID, une fondation qui œuvre depuis 2018 à la création de normes européennes pour les procédures d’accès : *« Les mots de passe sécurisés restent pertinents à long terme dans le mix des options. »*
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