Bosch démantèle pour reconstruire
Eva Mickler
6 Min. de lecture Bosch supprime environ 13 000 postes supplémentaires en Allemagne d’ici 2030 et ...
Zero Trust s’affiche sur toutes les slides de sécurité, mais sa mise en œuvre échoue rarement à cause de la technique. Elle échoue parce que presque personne ne sait qui, dans l’entreprise, a besoin de quel accès pour quelle étape de travail. Le principe du moindre privilège ne s’improvise pas : il suppose que les processus réels soient connus. C’est précisément cette lacune que comble le Process Mining, et sans lui, toute architecture Zero Trust reste une promesse sans fondement.
Les points clés en bref
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Le principe est d’une simplicité séduisante : ne faire confiance à personne, vérifier chaque accès, n’accorder que les droits strictement nécessaires à une tâche. En théorie, cela ferme la plupart des portes d’entrée. Mais dans la pratique, l’idée se heurte à une question inconfortable, rarement résolue avec rigueur : de quoi une fonction, une application ou un compte de service a-t-il vraiment besoin pour accomplir son travail ?
Sans réponse fiable, deux erreurs surviennent. Soit les droits sont attribués avec largesse pour éviter les blocages, et le moindre privilège n’est plus qu’une étiquette. Soit les droits sont restreints sans connaître les processus réels, et soudain, un processus méconnu s’interrompt. Dans les deux cas, on aboutit là où Zero Trust devait justement faire barrage : trop d’accès accordés ou des contrôles contournés.
Qu’est-ce que le moindre privilège ? Le principe du moindre privilège consiste à n’accorder à chaque identité que les droits minimaux nécessaires à l’exécution de sa tâche spécifique. L’objectif est de limiter les dégâts en cas de compromission d’un compte. Ce principe repose entièrement sur la connaissance précise des exigences réelles de la tâche.
Ce chiffre n’est pas une anomalie, il décrit un état permanent. Au fil des années, les collaborateurs accumulent des accès dont ils n’ont plus besoin depuis longtemps, les comptes de service voient leurs droits s’étendre silencieusement, et les applications héritées exigent de larges autorisations juste pour pouvoir fonctionner. Tous secteurs confondus, le contrôle d’accès défaillant est considéré comme le risque de sécurité le plus répandu qui soit, avec des constats similaires dans la grande majorité des applications auditées.
La situation est aggravée par les agents IA. Ils ne se comportent pas comme des applications statiques ou des utilisateurs individuels, mais poursuivent un objectif à travers plusieurs systèmes, enchaînent des outils et réitèrent des étapes. Accorder d’emblée de vastes droits à un tel agent ne fait que multiplier le problème des privilèges persistants. Ici aussi, la seule solution consiste à connaître le processus que l’agent est censé reproduire.
Le Process Mining reconstitue, à partir des journaux système, la façon dont le travail se déroule réellement, et non telle qu’il devrait se dérouler selon les manuels. Il montre quel rôle accède à quel système, dans quel ordre, et à quels endroits il existe des détours et des parcours spécifiques. C’est précisément cette visibilité qui fait défaut à la plupart des modèles d’accès, fondés sur des suppositions et des organigrammes.
Droits sans connaissance des processus
Droits fondés sur les processus
Pour la direction, cela modifie l’ordre des investissements. Avant d’acheter un nouveau composant Zero Trust, il est pertinent de se demander si les processus internes sont seulement visibles. Une stratégie d’accès fondée sur des flux mesurés peut être justifiée, vérifiée et défendue lors d’un audit. Une stratégie reposant sur des suppositions procure surtout la bonne conscience d’avoir agi.
Parce que les rôles proviennent des organigrammes, et non des processus réels. Un rôle regroupe souvent des droits pour de nombreuses activités, dont une personne spécifique n’a besoin que d’une partie. Ce n’est qu’en examinant le processus effectif que l’on voit ce qui est réellement nécessaire.
Il fournit la base factuelle pour les décisions d’accès. Le Process Mining reconstitue, à partir des journaux système, qui accède à quel système et à quel moment. Cette vision met en lumière les comptes sur-privilégiés et les droits inutilisés, que le modèle Zero Trust pourrait autrement ignorer.
Oui. Les agents d’IA poursuivent des objectifs à travers plusieurs systèmes, enchaînent des outils et répètent des étapes. Des droits trop larges en bloc en font un risque mobile. Là encore, la connaissance des processus est indispensable pour limiter les accès d’un agent.
Par la visibilité, et non par le prochain outil. Mesurer d’abord les processus et accès réels permet de définir les droits de manière justifiée. Ce n’est que sur cette base que les autres composants Zero Trust prennent tout leur sens.
Par la traçabilité. Une stratégie d’accès fondée sur des processus mesurés peut être démontrée lors d’un audit et justifiée auprès des autorités et des assureurs. C’est un argument plus solide que le simple achat de nouvelles technologies de sécurité.
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