La souveraineté prime sur le prix : le nouveau signal d’attribution
Angelika Beierlein
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Le déploiement de la 5G en Allemagne a démarré sous de mauvais auspices, et les attentes ont souvent été déçues. Pour l’Allemagne, à la fois pôle numérique et économique, la 6G ouvre de nouvelles perspectives. Le futur standard mobile saura-t-il les concrétiser ?
Pour planter le décor : selon Statista, la couverture 5G en Allemagne atteint 92,5 % du territoire et 98,5 % des foyers, des chiffres bien supérieurs à la moyenne européenne. Pourtant, l’objectif des 100 % promis pour 2024, annoncé en 2018, reste hors de portée. Et dans les faits, les zones blanches persistent, parfois de manière criante.
Les espoirs placés dans ce standard mobile ont donc été largement déçus en Allemagne. Le lancement, notamment, a été chaotique, en partie à cause du coût élevé des licences. L’Agence fédérale des réseaux (Bundesnetzagentur) a également omis d’imposer aux cinq soumissionnaires un roaming national et la construction d’une infrastructure 5G mutualisée – une nécessité pour ce nouveau standard, qui exige une densité d’antennes bien plus élevée. Malgré les pressions politiques et les promesses de ne pas négliger les zones rurales, les opérateurs ont d’abord privilégié le déploiement dans les zones urbaines, plus rentables.

Le déploiement de la 5G n’est pas encore totalement achevé que déjà, un nouvel espoir se profile pour le site numérique allemand : la 6G. Ce nouveau standard de téléphonie mobile n’en est encore qu’à la phase de tests en laboratoire. Pourtant, certains experts misent sur la 6G pour faire avancer la transformation numérique de l’Allemagne et consolider sa position de leader en matière d’innovation sur le marché mondial des télécommunications (TK).
Le développement de la 6G bat son plein à l’échelle internationale. Ce standard promet non seulement une vitesse et une efficacité accrues, mais aussi l’ouverture de nouveaux champs d’application, une exigence forte de l’industrie. « Pour le marché allemand, la 6G pourrait représenter un avantage concurrentiel décisif – à condition que la politique, l’économie et la technologie posent ensemble les bons jalons dès maintenant », indique un article publié sur IT-Business.
Des applications telles que les solutions de communication immersive (via la réalité augmentée ou virtuelle, AR ou VR) stimulent la recherche et le développement de la 6G aux quatre coins du globe. D’ici 2029, les autorités de régulation devraient avoir attribué les fréquences nécessaires.
L’objectif de ces travaux est d’ouvrir les bandes de fréquences telles que les ondes centimétriques et les fréquences sub-terahertz (THz) pour la 6G. Des instances internationales comme le 3GPP (3rd Generation Partnership Project) et l’ITU-R (Union internationale des télécommunications – secteur des radiocommunications) travaillent déjà à leur standardisation. Si le déploiement se déroule sans accroc – contrairement à l’attribution des fréquences 5G -, l’Allemagne pourrait bien devenir un acteur de premier plan dans ce domaine. Pour éviter de retomber dans le piège des coûts comme avec la 5G, les opérateurs de réseaux devront veiller, dès à présent, à équilibrer leurs investissements et les recettes prévisionnelles, comme le souligne l’article du IT-Business.
Les bandes de fréquences centimétriques et sub-terahertz pourraient jouer un rôle clé pour la 6G.
Face aux faibles marges du secteur B2C, il sera également crucial de développer de nouvelles sources de revenus, notamment dans des domaines à forte rentabilité comme la logistique, l’industrie ou la télémédecine. Pour y parvenir, des solutions flexibles, pilotées par logiciel et automatisées seront indispensables afin de répondre aux besoins spécifiques des marchés verticaux. Autre défi de taille : réduire la consommation énergétique pour se conformer aux objectifs environnementaux et de durabilité, ainsi qu’aux critères ESG (Environmental, Social and Governance) qui y sont associés.
En combinaison avec les réseaux non-terrestres (NTN), la 6G devrait également permettre une couverture mobile plus étendue et contribuer à éliminer les nombreuses zones blanches encore présentes, une condition essentielle pour le déploiement de la conduite autonome en Allemagne. Autre atout majeur : grâce à la détection et communication intégrées (Integrated Sensing and Communications, ou ISAC), la 6G pourrait pénétrer à l’intérieur des bâtiments, là où les systèmes basés sur le GPS atteignent aujourd’hui leurs limites.
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