Le Chief AI Officer est là. Le problème persiste.
Eva Mickler
7 Min. de lecture 76 % des grands groupes disposent désormais d’un Chief AI Officer, contre à peine ...
735 milliards d’euros. L’initiative Made for Germany a mis sur la table un chiffre qui sonne comme un nouveau départ. Pour un décideur qui arbitre ses propres investissements, la taille qui compte est une autre : quelle part en est du capital frais qui, sans cette initiative, n’aurait pas été déployé ? C’est précisément sur cette question nette que se joue le passage d’un signal crédible à un communiqué de presse.
L’essentiel en bref
Le chemin vers ce chiffre en dit long sur sa nature. En juillet 2025, 61 entreprises ont pris la parole, menées par Deutsche Bank, Siemens et Axel Springer. Elles ont annoncé 631 milliards d’euros d’investissements en Allemagne d’ici 2028. D’ici la fin de l’année, l’alliance est passée à 105 membres et la somme à 735 milliards.
Cette somme n’est pas une injection nette de capital neuf. Elle regroupe des projets déjà planifiés, du capex réellement nouveau, des dépenses de recherche et développement ainsi que des engagements d’investisseurs internationaux. Les initiateurs eux-mêmes chiffrent la part d’investissements réellement nouveaux à un montant de plusieurs dizaines de milliards. C’est transparent – et cela relativise nettement le titre : l’essentiel des 735 milliards se serait déployé, sous une forme proche, même sans ce cadre commun.
Pour évaluer un signal sur un territoire, ce qui compte avant tout, c’est l’apport au-delà de ce qui était de toute façon prévu. Si plusieurs dizaines de milliards sont réellement nouveaux, le reste relève de projets déjà inscrits dans les plans des groupes. Cela ne dévalue pas l’initiative : cela la replace dans son contexte. Un engagement envers le territoire pèse d’autant plus que la part qui n’existerait pas sans cet engagement est grande.
C’est là que s’ancre la critique. Jens Boysen-Hogrefe, de l’Institut für Weltwirtschaft à Kiel, relève que le Kanzleramt réunit presque exclusivement des grands groupes. L’enjeu, c’est que l’État capte l’impulsion et améliore la qualité du territoire – y compris pour les entreprises qui ne sont pas à la table. Le chiffre seul ne porte pas l’attente qu’on lui attache.
Le cas Made for Germany est une leçon de communication investisseur. Un gros chiffre brut attire l’attention et crée un vent politique favorable. Il crée aussi une chute, dès que quelqu’un pose la question de la part nette de nouveauté. Qui arbitre les annonces d’investissement en interne peut en tirer une règle de contrôle simple.
La question n’est pas de savoir à quel point la somme communiquée impressionne. Elle est de savoir quelle part traduit un vrai changement de comportement. Une annonce qui re-étiquette des feuilles de route existantes ne tient pas à la première demande critique. Une annonce qui marque un écart visible par rapport au chemin parcouru jusqu’ici convainc analystes, conseils de surveillance et collaborateurs. La substance l’emporte sur le signal dès qu’on regarde de près.
Le message réel de Made for Germany dépasse le chiffre. 105 entreprises signalent qu’elles ne désinvestissent pas du territoire. Ce signal a de la valeur, surtout dans une phase où fuite des capitaux et débats sur l’attractivité dominent le discours. Un signal ne remplace pas des conditions d’investissement.
Pour que le cadre produise un effet réel, deux choses doivent converger : des investissements nouveaux et contraignants de la part des entreprises, et un État qui améliore la qualité du territoire pour l’ensemble de l’économie – pas seulement pour les 105 au Kanzleramt. Le Mittelstand, qui porte l’essentiel de la création de valeur, n’était pas à la table lors de l’annonce. Que les 735 milliards fassent date ou restent une note de bas de page bien intentionnée se décide à ce point précis.
Les initiateurs chiffrent la part d’investissements réellement nouveaux à un montant de plusieurs dizaines de milliards. Le reste de la somme regroupe des projets déjà planifiés, des dépenses de recherche et des engagements d’investisseurs internationaux qui auraient en partie été déployés même sans l’initiative.
L’initiative a été fondée en juillet 2025, notamment par Deutsche Bank, Siemens et Axel Springer. Au lancement : 61 entreprises et 631 milliards d’euros d’engagements ; fin 2025, l’alliance comptait 105 membres et 735 milliards.
Les critiques y voient surtout, dans le chiffre brut, un habillage RP autour de projets de toute façon prévus. Par ailleurs, presque seuls les grands groupes y participent. Les économistes exigent que l’État améliore en parallèle les conditions du territoire pour l’ensemble de l’économie.
Le Mittelstand n’était pas représenté lors de l’annonce, alors qu’il porte l’essentiel de la création de valeur. Que l’initiative produise des effets dépend aussi de l’amélioration tangible de la qualité du territoire pour les entreprises au-delà des 105 membres.
Le prendre au sérieux comme signal, mais le mesurer à la métrique nette. La valeur décisive est la part qui traduit un vrai changement de comportement par rapport au chemin d’investissement suivi jusqu’ici. Cette règle de contrôle se transpose directement à vos propres annonces d’investissement.
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Bildquelle: KI-generiert (Juli 2026)