Comment étouffer le logiciel libre sans l’interdire
Benedikt Langer
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Une facture VMware de 500.000 Euro par an passe à deux millions sous Broadcom. De tels sauts ne sont plus une exception depuis la reprise, mais la nouvelle base de négociation. Pour la direction IT, il s’agit de bien plus qu’une question de coûts. C’est la facture à payer pour des années de dépendance envers un seul fournisseur, et la question du coût pour s’en affranchir.
Les points clés en bref
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Les chiffres qui remontent des négociations de renouvellement depuis la reprise par Broadcom ne sont pas des cas isolés. Des majorations de 300 pour cent à plus du décuple sont signalées, selon les anciens contrats et les modèles de licence. Une PME avec une facture VMware à six chiffres se retrouve soudain avec une facture à sept chiffres, et un groupe avec des milliers de licences voit un montant en millions s’ajouter. Et les augmentations annuelles de dix à vingt pour cent qui suivent sont déjà intégrées.
S’ajoute à cela le changement de logique de licence. Broadcom a réduit le portefeuille à quelques bundles et introduit des achats minimums, fixant parfois un seuil minimum de 72 cœurs par contrat. Les plus petits paient quand même pour cela. Cela fait basculer la facture pour de nombreux environnements de taille moyenne, car ils paient pour une capacité qu’ils n’utilisent jamais.
Pour la direction IT, cela signifie que la position de VMware est devenue du jour au lendemain un risque stratégique, et non plus un simple poste opérationnel prévisible. Elle apparaît désormais dans le rapport de risque, et pas seulement dans le budget IT.
Qu’est-ce que le Vendor-Lock-in ? Le Vendor-Lock-in décrit la dépendance envers un seul fournisseur, dont la solution est profondément intégrée aux processus internes. Un changement serait techniquement et organisationnellement si complexe que le fournisseur peut largement dicter les prix et les conditions. Broadcom exploite systématiquement cette position exacte avec VMware.
La réaction immédiate face à une facture choquante est de l’accepter à contrecœur et d’attendre de meilleurs jours. C’est exactement la pire stratégie. Celui qui renouvelle sans alternative envoie un signal au fournisseur selon lequel la dépendance persiste, et se livre ainsi aux prochaines hausses tarifaires.
L’alternative est la préparation. Les entreprises qui entrent dans les négociations de renouvellement avec une alternative solide obtiennent, selon des observations du marché concordantes, des accords nettement meilleurs que celles qui signent de manière réactive. L’élément clé est la possibilité crédible de partir, ce qui ne peut naître que grâce à une véritable préparation. Une simple affirmation à la table des négociations est aussitôt perçue par le fournisseur.
Forrester anticipe que chaque cinquième client VMware commence effectivement la migration. Pour le CIO, cela signifie deux choses : le changement est réalisable, sinon autant de personnes ne le feraient pas. Et son propre fournisseur le sait également, ce qui ouvre un espace de négociation pour les clients bien préparés.
Entre le renouvellement aveugle et le déménagement précipité se trouve un large éventail de possibilités. Les alternatives sont suffisamment matures pour être examinées sérieusement : Nutanix en tant que plateforme intégrée, Microsoft Hyper-V pour les environnements dominés par Windows, Red Hat et KVM dans le domaine open source, Proxmox pour les petites infrastructures, ainsi que le passage vers des structures cloud-native via Kubernetes. Aucune de ces solutions n’est un simple échange gratuit, chacune comporte ses propres coûts supplémentaires.
Ce qui plaide en faveur du changement
Ce qui s’y oppose
L’ordre est décisif. Tout d’abord, il faut présenter son propre inventaire : combien de licences, quelles charges de travail, quelles dépendances en matière de sauvegarde, stockage et réseau. Sans cet inventaire, toute négociation est un vol à l’aveugle. Ensuite vient un modèle réaliste des coûts globaux, comparant le changement et le maintien sur trois à cinq ans, y compris les coûts de migration et un buffer pour les risques.
Seulement alors vaut la peine de tester. Un petit et honnête Proof of Concept sur une alternative fournit les chiffres qui comptent à la table des négociations, et révèle tôt où il y a des blocages dans votre propre pile technique. Avec ce matériel entre les mains, la conversation avec le fournisseur change fondamentalement. Le CIO n’est plus là en tant que suppliqueur, mais comme quelqu’un ayant vraiment le choix. C’est exactement la différence entre une facture choquante et un avantage stratégique.
Après l’acquisition par Broadcom, le portefeuille a été réduit à quelques bundles seulement, les licences permanentes ont disparu au profit d’abonnements, et des quantités minimales d’achat ont été introduites. En somme, les entreprises rapportent des augmentations allant jusqu’à 300 % et même plus lors de la renouvellement.
Cela dépend de la taille et de la complexité de l’environnement. Essentiel est une estimation précise des coûts sur plusieurs années. Même si finalement il vaut mieux rester, un plan de migration documenté améliore nettement la position négociation.
Les solutions les plus répandues sont Nutanix, Microsoft Hyper-V, Red Hat avec KVM et Proxmox pour les environnements plus petits. On peut également mentionner le passage vers des architectures cloud-native via Kubernetes. Chaque option a ses propres forces et coûts conséquents, il n’existe pas de solution universellement optimale.
Avec un inventaire complet des licences, un modèle de coûts sur plusieurs années pour rester ou changer, ainsi qu’un petit Proof of Concept sur une alternative. Ces éléments transforment une simple prolongation en une négociation à égalité.
Non. Grâce aux quantités minimales d’achat, cela touche souvent de manière disproportionnée les environnements moyens, car ils paient pour une capacité dont ils n’ont pas besoin. Le milieu de l’entreprise devrait particulièrement examiner sa propre situation dès maintenant, plutôt que d’attendre la prochaine prolongation.
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